HEC à Weckerswiller !

Publié le par vieviablog

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 Hier soir soudain l'envie me prend d'un livre à emporter sous la couette, un de ces livres qui vous font coucher plus tôt pour le plaisir de lire au chaud, au calme, et de lire jusqu'au moment où les idées se brouillent.

Qu'à cela ne tienne, la Maison de la Presse est encore ouverte.

Je déambule, trouve rapidement deux livres à me mettre sous la dent, et tombe sur une petite vieille femme assise à une petite table, au milieu du rayon.

Je la reconnais aussitôt: les DNA font de la pub' pour ses récits d'enfance et de jeunesse. C'est Rosalie.

Nos regards se croisent et Rosalie m'interpelle "Vous connaissez mes livres ?"  "Oui, je vous connais du journal". "Ils sont bien, mes livres".

Elle a l'oeil, Rosalie, elle voit vite que je vais craquer. Je prends son premier livre, celui sur l'enfance et demande un petit mot pour ma mère.

"Elle commence à écrire "Bonheur, douceur et bonne lecture à... " et  demande "Pour .. ?"  "Fir S'Colette vun Lohr", lui dis-je, car je viens de voir sur la jaquette qu'elle pourrait bien habiter ma région d'origine, et si ça se trouve, connaître ma mère, qui s'est fait une petite réputation dans les clubs du 3ème âge de ce coin perdu appelé Alsace Bossue.

"Ah, vous venez de Lohr ?" Rosalie réalise tout de suite le bénéfice qu'elle pourrait tirer de cette information :" Lohr, j'en parle dans mon 2ème livre, vous auriez dû prendre celui-là".

Qu'à cela ne tienne, ne voulant pas passer à côté d'une anecdote concernant mon village dont personne ne parle jamais, je prends aussi le 2ème.

Rosalie m'explique qu'elle a commencé à écrire à 75 ans. "Depuis, on me demande partout ! Mes livres sont très appréciés, vous savez. Le dernier est très drôle, vous devriez le lire aussi".

Là, son bon sens paysan (qui fut aussi celui de ma grand-mère, à qui elle ressemble) prend le dessus, elle regarde les quatre livres que j'ai sous le bras, et elle ajoute "Ça vous ferait un peu beaucoup".

"Je saurai où trouver les autres, quand j'aurai lu ceux-là", lui dis-je. "Oui, et vous savez, mieux vaut offrir un livre si vous êtes invitée quelque part, ça ne coûte pas plus cher que des fleurs, et au moins ça reste."

Je vais payer à la caisse, où le jeune homme sourit lorsque je lui dis "Jsuis tombée sur Rosalie". Et moi aussi je me marre, parce que je me dis que cette femme n'a pas eu besoin de faire HEC ni l'ESSEC pour me refourguer en  cinq minutes deux livres, presque trois.

 

Sa dédicace dit :"à Colette, la merveilleuse maman de la charmante Viviane".

Méfiez-vous si vous tombez sur Rosalie, c'est une excellente vendeuse !

 

Publié dans Humour

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Figaro 01/03/2012 09:49

Bienvenue dans la cage d'escalier ! Au plaisir de vous relire très bientôt !

marianne dussurgey 07/12/2011 20:20

sacrée finaude, la Rosalie!!!

Dominique 24/11/2011 16:16

Et moi qui songeait aller à la Maison de la Presse!