Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 11:02

numérisation0004Ma mémoire des anniversaires est  impressionnante, peut-être même inquiétante.

J'aurais préféré retenir d'autres choses, les anniversaires pouvant facilement être notés.

Mais on ne contrôle hélas que très peu sa mémoire. 7

Ce 27 avril, comme tous les ans, je pense à Annick,

Elle aurait aujourd'hui 42 ans, si elle avait vécu.

Cela fait 26 ans qu'elle est absente au monde.

Elle avait tout juste 16 ans, au début de l'été 1986.

Elle se réjouissait d'être acceptée en 1ère, elle avait l'avenir devant elle.

Un bel avenir, pensions-nous, espérions-nous.

Une nuit d'été, huit jeunes dans une voiture, un conducteur inexpérimenté, deux verres de trop, un arbre, un choc. L'avenir d'Annick s'est arrêté là, entre Pétersbach et Lohr.

L'arbre portait encore la cicatrice, la dernière fois que j'y suis passée.

Annick, ma belle petite cousine, n'a vécu que si peu d'années.

Elle n'a pas eu le temps de connaître l'ordinateur pour tous,  n'a pas eu de téléphone portable, n'a pas envoyé de SMS à sa mère, n'a pas eu de contacts Facebook, n'a jamais lu de blogs. Elle restera pour toujours d'un autre siècle.

Une pensée pour elle et pour ceux qui pensent encore à elle en ce jour.

 

 

Par vieviablog - Publié dans : Souvenirs
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 14:12

                              rosalie-firholz.jpg                                                 

 Hier soir soudain l'envie me prend d'un livre à emporter sous la couette, un de ces livres qui vous font coucher plus tôt pour le plaisir de lire au chaud, au calme, et de lire jusqu'au moment où les idées se brouillent.

Qu'à cela ne tienne, la Maison de la Presse est encore ouverte.

Je déambule, trouve rapidement deux livres à me mettre sous la dent, et tombe sur une petite vieille femme assise à une petite table, au milieu du rayon.

Je la reconnais aussitôt: les DNA font de la pub' pour ses récits d'enfance et de jeunesse. C'est Rosalie.

Nos regards se croisent et Rosalie m'interpelle "Vous connaissez mes livres ?"  "Oui, je vous connais du journal". "Ils sont bien, mes livres".

Elle a l'oeil, Rosalie, elle voit vite que je vais craquer. Je prends son premier livre, celui sur l'enfance et demande un petit mot pour ma mère.

"Elle commence à écrire "Bonheur, douceur et bonne lecture à... " et  demande "Pour .. ?"  "Fir S'Colette vun Lohr", lui dis-je, car je viens de voir sur la jaquette qu'elle pourrait bien habiter ma région d'origine, et si ça se trouve, connaître ma mère, qui s'est fait une petite réputation dans les clubs du 3ème âge de ce coin perdu appelé Alsace Bossue.

"Ah, vous venez de Lohr ?" Rosalie réalise tout de suite le bénéfice qu'elle pourrait tirer de cette information :" Lohr, j'en parle dans mon 2ème livre, vous auriez dû prendre celui-là".

Qu'à cela ne tienne, ne voulant pas passer à côté d'une anecdote concernant mon village dont personne ne parle jamais, je prends aussi le 2ème.

Rosalie m'explique qu'elle a commencé à écrire à 75 ans. "Depuis, on me demande partout ! Mes livres sont très appréciés, vous savez. Le dernier est très drôle, vous devriez le lire aussi".

Là, son bon sens paysan (qui fut aussi celui de ma grand-mère, à qui elle ressemble) prend le dessus, elle regarde les quatre livres que j'ai sous le bras, et elle ajoute "Ça vous ferait un peu beaucoup".

"Je saurai où trouver les autres, quand j'aurai lu ceux-là", lui dis-je. "Oui, et vous savez, mieux vaut offrir un livre si vous êtes invitée quelque part, ça ne coûte pas plus cher que des fleurs, et au moins ça reste."

Je vais payer à la caisse, où le jeune homme sourit lorsque je lui dis "Jsuis tombée sur Rosalie". Et moi aussi je me marre, parce que je me dis que cette femme n'a pas eu besoin de faire HEC ni l'ESSEC pour me refourguer en  cinq minutes deux livres, presque trois.

 

Sa dédicace dit :"à Colette, la merveilleuse maman de la charmante Viviane".

Méfiez-vous si vous tombez sur Rosalie, c'est une excellente vendeuse !

 

Par vieviablog - Publié dans : Humour
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 11:15

pluie.vitre.jpgCette fois, j'ose le dire. Oui, je l'avoue.

Avec un peu de honte, comme toutes les faiblesses. Avec un peu d'appréhension, sachant que cela ne sera pas compris et difficilement accepté.

Je vous demande toute votre indulgence avant de lire la suite... Mais oui, j'aime la pluie.

Je ne sais pas depuis quand. Il me semble que dans mon enfance j'aimais le soleil, le temps des foins, des promenades avec l'école.

A l'adolescence, je crois même que j'ai tenté d'imiter mes voisines et de me mettre au soleil, enduite de crème solaire, pour espérer "dorer" comme elles.

Est-ce venu avec l'âge adulte ? Est-ce une question hormonale ? Je ne sais.

Mais mon intolérance au soleil a augmenté avec l'âge. Les fortes chaleurs me font réellement souffrir physiquement, surtout lorsque je travaille et que je n'ai d'autre choix que de continuer par des températures de 28 degrés et plus (inconvénient du lycée,  ce bâtiment si lumineux l'set en raison de ses nombreuses surfaces vitrées, qui en font une serre en été).

 

Depuis des années la pensée unique en matière de météo me gonfle prodigieuseement: l'enthousiasme réel ou feint du présentateur ou de la présentatrice météo dès que les températures grimpent est agaçant. Pourquoi si peu de "laïcité" en cette matière ? Pourquoi les présentateurs météo s'expriment-ils toujours comme s'ils géraient des clubs vacances ? Pourquoi jamais la moindre retenue, alors qu'on sait bien que les fortes chaleurs ne sont pas une félicité pour tout le monde ?

 

Pour la première fois, ces jours, une petite réserve s'exprime, en raison de la sécheresse qui s'accentue de jour en jour. Hier, pour la première fois depuis des années, on a pu entendre à la radio "malheureusement aucune pluie dans cette région".  Comme quoi, tout arrive, il suffit d'attendre assez longtemps !

 

(Pardon à tous ceux que j'ai offensés à travers ces propos extrêmes !)

 

 

Par vieviablog - Publié dans : Agacements
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 11:35

                                        Paques2008-004.jpg                                    

Autrefois, quand les enfants étaient petits, Pâques c'était toute une histoire.

On soufflait une grande quantité d'oeufs à peindre, pour l'école et la maison, on décorait un arbre de Pâques, parfois même deux, un pour l'intérieur et un autre pour l'extérieur.

Souvent on bricolait des guirlandes de printemps en pâte à sel.

Le samedi, on préparait le nid pour le Lapin de Pâques

Plus tard, quand ils ont su lire, je concoctais des jeux de piste qui les menaient aux inévitables talkie-walkie  (j'ai acheté quantité de talkie-walkie ainsi que des tentes et cabanes... allez savoir ce que cela révèle sur moi).

Le plus souvent je me levais tôt le samedi matin pour aller faire la queue chez l'incontournable Stoffel, afin de rapporter des chocolats  à Lohr.

Le dimanche de Pâques, nos enfants couraient autour de la maison, avant de s'habiller pour aller chez mamie et papi où une grande tablée de faux-cousins les attendait.

Cette époque est révolue.

Plus rien de tout cela cette année.

Papi Roger n'est plus, et son départ a clos bien des chapitres.

Est-ce mieux, est-ce moins bien ?

Pour me consoler, je me dis que de toute façon, l'énergie me manquerait maintenant pour tout cela !

 

(Photo: Pâques 2008 à Lohr).

 

 

Par vieviablog - Publié dans : Souvenirs
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 10:28

dictionnaire.jpgIl fut un temps où l'on entendait poser une drôle de question, le samedi après-midi ou le dimanche matin, dans mon village. On demandait aux enfants d'une dizaine d'années: "Tu as déjà fait tes phrases ?"

L'épicier demandait, la grand-mère demandait, le voisine demandait, et nous nous posions aussi la question entre nous, lorsque nous nous croisions.

Si à cette époque nous avions eu MSN, nul doute que nous en aurions parlé sur MSN, et nous nous serions sans doute refilé des tuyaux.

Il s'agissait d'une méthode chère à notre instituteur, M. Balliet, à qui nombre d'entre nous doivent leur aptitude à écrire sans fautes.

Tous les samedis, il nous donnait des "phrases" (5 pour le CM1, 10 pour le CM2): il s'agissait de chercher dans le dictionnaire 5 mots, d'en recopier la définition, ni trop courte ni trop longue, et de l'illustrer par une phrase.

Mais attention: cette phrase devait être personnelle. M. Balliet avait une intuition infaillible pour ce qui était recopié, et nous connaissait bien aussi, je suppose.

Le lundi nous passions une bonne heure à corriger "les phrases".

J'avais plus de chance que bien d'autres du village, car ma mère parlait parfaitement le français, ce qui n'était pas si courant, et je pouvais la mettre à contribution.

Je me souviens encore que je fus complimentée pour la phrase illustrant le mot "châssis": "Mon père a construit un châssis pour le jardin".

M. Balliet avait-il appris cette méthode à l'école normale ? Etait-elle personnelle ? Toujours est-il que sans le réaliser alors, nous avons appris à travers cet exercice bien des choses.

 

Je me souviens qu'un jour nous avions commencé les phrases en classe, le samedi après-midi (parce que nous avions encore cours le samedi après-midi, à cette époque).

L'un de nous avait un petit dictionnaire de poche. Il fallait chercher le mot "escamoteur". Le dictionnaire donnait comme définition "qui escamote". Nous savions bien que M. Balliet ne voulait pas d'une telle définition et que nous aurions dû chercher plus avant.

Mais l'un de nous écrivit "qui escamote" et les autres le suivirent.

Le lundi, M. Balliet interrogea en commençant par la rangée de derrière (oui, je me souviens encore comment étaient assis les 10 élèves du CM2 d'alors).

-Liselotte ? La définition d'escamoteur ?

-Qui escamote ...

S'en suivirent les reproches attendus sur l'ineptie d'une telle réponse.

-Fabienne ?

-Qui escamote !

-Simone ?

-Qui escamote...

-Viviane ?

-Qui escamote ...

 

M. Balliet voulut en avoir le coeur net et poursuivit:

 

-Jean-Marc ?

-Qui escamote.

-Eddy ?

-Qui escamote.

-Danièle ?

-Qui escamote.

-Claudine ?

-Qui escamote.

Il renonça à se fâcher.

 

Ne restaient plus que les deux élèves de la première rangée, Gerti et Pierre qui, eux, avaient cherché plus avant et copié la définition de verbe "escamoter".

Ajoutons à cela que Pierre était le fils de M. Balliet; et qu'il avait de meilleures raisons que nous pour faire précisément ce qui était demandé.

Nous avons dû tous conjuguer le verbe  "travailler", en guise de punition.

Pour la petite histoire, 7 d'entre ces dix élèves ont eu plus tard le bac.

Pierre est agrégé d'allemand et Claudine est CPE dans le lycée où j'enseigne.

Eddy n'est plus, depuis longtemps déjà.

M. Balliet, lui, est toujours vaillant, mais sait-il à quel point nous lui sommes reconnaissants de tout ce qu'il nous a appris ?

 

 

 

 

 

Par vieviablog - Publié dans : Souvenirs
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